Houellebecq prix Goncourt!

9 novembre 2010
Par Annie Mavrakis

Qu’est-ce que je disais? Il y a de quoi s’inquiéter vraiment ces temps-ci, à propos des livres comme des films. J’y reviendrai un de ces jours, peut-être à propos du navet sur Facebook. Les critiques ne font plus leur boulot. Ou alors ce boulot est de pure promo : c’est commode, pas besoin de lire le bouquin, produit concoté sur mesure (voir mon texte du 25 septembre). Et l’affaire est dans le sac. C’en est comique. Un titre de gloire à l’avenir sera de ne pas avoir le Goncourt, comme je le disais à un mien ami, écrivain d’une autre stature que MH… Je laisse la parole à Pierre Assouline qui est un des rares à avoir vu la nullité de ce bouquin (lire sur son blog : » MH...
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Le destin selon Woody Allen (sur « Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu »)

10 octobre 2010
Par Annie Mavrakis
Le destin selon Woody Allen (sur « Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu »)

Avec le quatrième de ses sublimes films anglais (Match point, Scoop, Cassandra’s dream), Woody Allen approfondit et épure en même temps une problématique déjà présente sans doute dans son œuvre antérieure mais  qui apparaît désormais à découvert : il n’y a pas de « destin », pas de « bel et sombre inconnu » à rencontrer ou plutôt le destin, c’est ce que chacun fait de sa vie, des chances qui lui sont données. Il y a les tricheurs (the fake), les bousilleurs qui prennent des raccourcis et les autres, qu’une certaine dose d’honnêteté, voire de candeur, d’absence de calcul, peut-être de foi, quel qu’en soit l’objet, tire d’affaire.  Et c’est ce que nous voyons en particulier dans You will meet a tall dark stranger. Les tricheurs : Roy l’écrivain et...
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Houellebecq lecteur de Coetzee?

8 octobre 2010
Par Annie Mavrakis

Retour sur Houellebecq après la lecture du dernier Coetzee. La comparaison n’est certes pas en faveur du Français. Car autant La Carte et le territoire est un « produit » dans l’air du temps (voir l’article précédent), autant le dernier livre de J.M Coetzee, L’été de la vie (Summertime, paru en anglais en 2009), est attachant et, sur le plan narratif, passionnant, construit comme il l’est autour d’un quintuple portrait posthume.  Alors pourquoi rapprocher le best-seller français si laborieusement fabriqué  et l’œuvre du prix Nobel sud-africain ? D‘abord parce que les ressemblances abondent, qui font prendre conscience du gouffre qui sépare les deux écrivains. Elles sont si nombreuses qu’on se poserait des questions si on avait l’esprit mal tourné… J’en retiendrai trois. La plus flagrante est la présence dans les...
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« La carte et le territoire » de Michel Houellebecq ou le règne sans partage du cliché

25 septembre 2010
Par Annie Mavrakis

Il n’est pas facile de prendre assez au sérieux pour en parler longuement un livre aussi mal écrit que La Carte et le Territoire. Pourtant, même si, dès les premières pages, on est découragé par les expressions et locutions archi-usées qu’on ne supporte même plus d’entendre et qu’utilise constamment le narrateur (« plomber l’ambiance », « il se figea tétanisé »), lassé par la syntaxe boiteuse (« sans qu’il ne », « par parenthèses », référent incertain des pronoms personnels, etc.), par les répétitions d’écolier négligent, les impropriétés (« assujettir » pour fixer), l’abus des italiques censées manifester une distance par rapport à l’énoncé ; même si l’ouvrage vous tombe des mains avec ses histoires de chauffe-eau et de plombier, de bonnes bouteilles à 400 euros et d’anus artificiels et surtout son encyclopédisme sans charme, platement...
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Anatole France / Pierre Michon : relire « Les Dieux ont soif » à la lumière des « Onze »

26 juillet 2010
Par Annie Mavrakis

Il arrive que la parution de nouveaux livres redonne à des ouvrages plus anciens une certaine actualité. Mais si la lecture des Onze incite à se replonger dans Michelet ou à rouvrir Quatre-vingt-treize, histoire de prolonger un peu le plaisir procuré par la dernière œuvre de Pierre Michon, on ne pense pas tout de suite, malgré les ressemblances, aux Dieux ont soif. Sans doute la distance paraît-elle trop grande entre le lyrique auteur des Onze et l’ironique Anatole France. Son roman convoque pourtant lui aussi la Terreur révolutionnaire et la peinture, son héros, Evariste Gamelin étant, comme le François-Elie Corentin de Michon, un citoyen-peintre au service de la Convention. Et il se trouve que, par-delà un XXe siècle décisif aussi bien pour le sort...
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Le Temps dédoublé

25 juin 2010
Par Annie Mavrakis
Le Temps dédoublé

   Le tableau ci-dessous est une curiosité iconographique. Peint par Pompeo Batoni, il se présente comme une allégorie mettant en jeu trois personnages : Le Temps, à droite, la Vieillesse et la Beauté. Le vieillard ailé à barbe blanche qui tient un sablier sur la droite est conforme au type allégorique même s’il n’en possède pas tous les attributs.     Dans l’étude qui va suivre, je voudrais tenter de comprendre comment ce dédoublement incongru a pu s’opérer.  Sur la toile de Batoni coexistent en effet deux traditions picturales en principes incompatibles. Celle du vieillard temps, analysée par Panofsky (j’y reviendrai) appartient à l’univers de la mythologie, alors que « Vieillesse », même si elle est attestée comme allégorie au moyen-âge (cf. la page sur les textes), renvoie...
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LA FIGURE DU MONDE

    4e de couverture
Le sort de la peinture importe depuis toujours aux écrivains, qui n’ont jamais interrompu leur dialogue avec les tableaux. L’oeuvre des plus grands d’entre eux, de Diderot, de Balzac, de Zola ou de Proust, en témoigne parmi d’autres.
Mais depuis le XIXe siècle ce dialogue est devenu problématique car la fiction et la représentation, qui définissaient pour la littérature et la peinture un espace d’échange et de partage, ont été progressivement évacuées des arts plastiques...

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